Extraits
de « Jalons d'un itinéraire », chapitre 2 de
l'essai de Chantal Danjou : « Jean-Claude Villain, damier
de silence et parole »,
Ed. L’Harmattan, Paris, 2001.
De
sa naissance bourguignonne à Mâcon en 1947(...) Jean-Claude
Villain aime à rappeler que très tôt il sut
que sa ville natale était aussi la patrie du grand poète
romantique Lamartine .
Depuis l'enfance il fréquente tous les étés
la mer Méditerranée dont il ressent chaque fois le
puissant appel. Mais en 1968 il la traverse et séjourne en
Algérie, à Alger, Tipasa et en Kabylie. Il reçoit
là, dit-il « une leçon de lumière»
qui le magnétisera pour toujours. C'est à cette occasion
qu'il fréquentera pour la première fois le désert,
lequel jouera, dans sa thématique et son esthétique
poétiques, un rôle de premier plan, comme en témoigne
Parole, exil.
Devenu professeur de philosophie il est nommé en 1975
au bord même de la Méditerranée, à Hyères,
où vivait encore un des poètes contemporains qu'il
admire le plus : Saint-John Perse.
Il continue son métier de professeur de philosophie dans
cette ville avant de s'installer en 1980 au pied du Massif des Maures,
dans une olivaie retirée en bordure de forêt, dont
il fera un lieu d'écriture et de rencontres fréquenté
par de nombreux amis, écrivains et artistes.
Attendue, désirée, cette mutation, -on pourrait dire
cette métamorphose- géographique suscite une ouverture
sensible, thématique et esthétique nouvelle. Avec
la mer, saisie dans la primitivité de ses éléments
premiers : sable, soleil, lumière, chaleur et nudité
des corps, ce sont aussi les références mythologiques
qui affleurent. Un livre,
Le Tombeau des rois est explicitement consacré
à la Grèce qu'il fréquente régulièrement
depuis 1983 comme d'autres pays de la Méditerranée,
spécialement l'Italie et le Maghreb. Il y noue, au fil des
années, des échanges nombreux, riches de fortes amitiés,
et développés parfois dans un travail de traduction
et de publications réciproques.
Comme critique il travaille à la mise en valeur de l'oeuvre
de différents poètes et peintres par un journalisme
littéraire en collaboration avec de nombreuses publications
françaises et étrangères, également
par des communications de colloques et des essais.
Des voyages plus lointains (Amérique du Nord, Asie) ainsi
que la multiplication des rencontres ont renouvelé et élargi
son expérience poétique du monde et sa pratique de
l'écriture. De nouvelles voies, plus intérieures,
se sont dessinées dans la tentation d'une abstention qui
irait jusqu'au silence comme aboutissement. Cette méditation,
stimulée par une fréquentation plus assidue de l'Orient
est apparente dans Eté
froide saison, et Dix
stèles et une brisées en un jardin.
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